La stabilité politique et sociale du Burkina Faso et le dynamisme de ses populations, combinés avec ses besoins réels en matière de développement économique, font de ce pays une terre d’élection de l’action des ONG, associations et collectivités territoriales françaises. Celles-ci, particulièrement nombreuses et actives et disposant parfois de moyens importants, contribuent au développement local du Burkina Faso et au renforcement de la société civile nationale. Le ministère des affaires étrangères soutient et appuie financièrement cette dynamique dont il a fait une de ses priorités.

Panorama de la coopération non gouvernementale et décentralisée française au Burkina Faso

S’appuyant sur le réseau dense et relativement ancien de la société civile burkinabè, plus de deux cent ONG et associations françaises interviennent de façon ponctuelle ou durable dans le pays, et environ cent trente collectivités locales françaises, directement ou par le biais d’établissements publics ou d’associations locales, ont noué des liens de coopération avec des provinces, des départements, des communes ou des villages burkinabè.
D’une manière générale, la coopération non gouvernementale et décentralisée apparait comme complémentaire des actions relevant de la coopération bilatérale. Les capacités opérationnelles et le professionnalisme reconnu de certaines ONG, disposant sur le terrain de moyens humains et matériels parfois substantiels, ont encouragé la coopération française à apporter son appui à de nombreux projets présentés par ces structures. De même, le processus de décentralisation mis en oeuvre au Burkina Faso a incité la coopération française à accroître son concours financier aux opérations impliquant des collectivités françaises.
Ainsi la coopération française a participé en 1999 et 2000 au financement de 44 actions menées par des ONG, associations et collectivités françaises oeuvrant au Burkina Faso :
Financement
Montant (en M F CFA)
Nb de projets
Co-financements
ONG et associations
1 070
15
Coopération décentralisée
300
14
Chantiers de jeunes
58,7
15
Subventions VVV/SI (septembre 99- juin 2000)
TOTAL
1 428,7
44
Ces chiffres restent inférieurs à l’apport global de la coopération non gouvernementale et décentralisée au développement du pays, qui comprend également les financements propres de chaque association ou collectivité et les contributions éventuelles des autres bailleurs de fonds.


L’appui de la coopération non gouvernementale et décentralisée française au développement local et à la structuration de la société civile

La société civile au Burkina Faso se structure autour d’un réseau dense et relativement ancien d’associations, ONG, fédérations paysannes, groupements villageois et autres organisations de base.
Environ 6 000 associations et 12 000 groupements villageois pré-coopératifs et coopératifs sont ainsi enregistrés dans le pays. 248 ONG y sont officiellement reconnues. Le processus de décentralisation, entamé en 1995 au Burkina Faso, offre également un champ d’intervention élargi et novateur aux 120 comités de jumelage franco-burkinabè agissant sur le terrain.
Les ONG françaises et étrangères ont appuyé la création ou le renforcement d’ONG et d’associations locales. Nombreuses sont ainsi les associations burkinabè qui sont aujourd’hui soutenues au niveau institutionnel et financier par leurs partenaires français. Dans certains cas, l’association locale est devenue maître d’oeuvre sur le terrain des projets financés par la coopération non-gouvernementale ou décentralisée française qui ne dispose pas des capacités organisationnelles suffisantes ou qui est désireuse de responsabiliser ses partenaires locaux. Cette dynamique est appuyée par la coopération française qui favorise financièrement l’émergence ou le renforcement de structures ou d’organismes de partenariat.


L’appui apporté à la structuration des différentes composantes de la société civile burkinabè accroît les capacités de gestion et d’intervention de ses membres ainsi que leur représentativité vis à vis du pouvoir administratif et politique.
Les ONG et associations contribuent au développement économique et social du Burkina Faso en intervenant dans presque tous les secteurs clefs de la coopération.
Cependant, leurs actions s’orientent de plus en plus vers des programmes concertés entre intervenants du même secteur d’activité et/ou géographique.
En parallèle certaines collectivités locales françaises ont eu tendance à faire appel à des opérateurs de terrain, qu’ils soient français ou burkinabè. Cette tendance se concrétise par la multiplication des partenariats permettant la mise en oeuvre de programmes de développement intégré. Ces programmes, en renforçant les capacités d’action des bénéficiaires et en les impliquant plus fortement dans la définition des actions à entreprendre et dans la gestion technique et financière des projets, consolident les processus de démocratisation et de décentralisation mis en oeuvre au Burkina Faso.
Ainsi, l’AFVP mène depuis 1993, pour le compte de collectivités locales françaises, plusieurs programmes de développement local : Bama (Haute Vienne, cofinancement ministère des affaires étrangères), Douroula (Besançon, cofinancement ministère des affaires étrangères), Pama (La Clusaz, cofinancement ministère des affaires étrangères), Tanghin Dassouri/Komki Ipala (Territoire de Belfort, cofinancement Ministère des affaires étrangères).
Le processus de décentralisation qui a permis de procéder à l’élection de conseils municipaux dans les communes de plein exercice, s’est accompagné d’un rééquilibrage des rapports entre ONG, comités de jumelage français et responsables burkinabè. D’une part, les intervenants français ont désormais souvent comme interlocuteurs des représentants élus, d’autre part, l’apport financier et matériel de la coopération décentralisée et non gouvernementale tend à être intégré dans les programmes de développement des communes et dans leur programmation budgétaire.
Enfin, soucieuses d’appuyer la décentralisation et possédant une longue expérience de gestion locale des services collectifs, les collectivités françaises souhaitent s’engager dans des actions de formation des élus et des agents municipaux et participer au financement ou à la réalisation de plans de développement communaux.
Le nouvel enjeu pour les ONG et associations françaises sera de trouver les synergies à mettre en place entre partenaires institutionnels et associatifs français et burkinabè pour une cohérence de leurs actions tant sur le plan sectoriel que géographique dans le respect des politiques nationales.
Les organismes de concertation français et burkinabè auront ainsi un rôle primordial à jouer dans l’émergence et l’accompagnement d’actions de développement concertées.

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